Troubles du neurodéveloppement chez l’enfant

Comprendre les troubles du neurodéveloppement

Les troubles du neurodéveloppement regroupent des difficultés durables affectant la coordination, la planification motrice, l’équilibre ou l’organisation gestuelle.

Certains enfants présentent :

  • Une maladresse importante
  • Des difficultés de coordination
  • Une fatigabilité rapide
  • Une lenteur motrice
  • Un manque d’automatisation des gestes

Ces difficultés peuvent impacter la vie quotidienne, les apprentissages scolaires et la confiance en soi.

Quand consulter ?

Une évaluation peut être pertinente si votre enfant :

  • Tombe fréquemment
  • Évite les activités sportives
  • A du mal à attraper ou lancer un ballon
  • Présente une écriture coûteuse et fatigante
  • A des difficultés à s’habiller
  • Manque d’endurance physique
  • A reçu un diagnostic de TDC (trouble développemental de la coordination)

Le lien entre posture, respiration et organisation motrice

Le développement moteur ne concerne pas uniquement les membres.

La posture de la tête, la respiration et la stabilité du tronc influencent :

  • La coordination globale
  • L’endurance
  • L’attention
  • L’organisation gestuelle

Une respiration buccale persistante ou une posture céphalique projetée peuvent perturber l’équilibre postural et la disponibilité motrice.

Lorsque cela est nécessaire, une approche oro-myo-fonctionnelle peut compléter le travail moteur afin d’agir sur les bases posturales et respiratoires.

Le bilan en kinésithérapie

Le bilan analyse :

  • Coordination globale
  • Équilibre statique et dynamique
  • Schéma corporel
  • Dissociation des ceintures
  • Planification motrice
  • Endurance et tonus

L’évaluation permet d’identifier les axes prioritaires et de proposer un programme personnalisé.
Une attention particulière est portée au lien entre posture, respiration et organisation motrice, afin d’agir sur les bases corporelles du développement.

Les axes de la rééducation

🔹 Coordination motrice

Travail des enchaînements gestuels, fluidité et précision.

🔹 Équilibre et contrôle postural

Stimulation des réactions d’ajustement et stabilité.

🔹 Planification et organisation du geste

Aide à l’anticipation motrice et à la structuration des mouvements.

🔹 Endurance et tonus

Renforcement progressif adapté à l’âge.

Troubles moteurs et difficultés d’écriture

Chez certains enfants, les difficultés de coordination impactent le graphisme :

  • Écriture lente
  • Douleur lors de l’écriture
  • Mauvaise tenue du crayon
  • Fatigue rapide
  • Pression excessive

L’écriture est un geste complexe qui nécessite :

  • Une stabilité posturale
  • Une dissociation épaule / coude / poignet
  • Un tonus adapté
  • Une respiration efficace

Un déséquilibre postural ou une mauvaise organisation corporelle peut rendre ce geste coûteux.
➡️ Découvrir la page rééducation grapho-motrice.

La rééducation vise alors à :

  • Stabiliser la posture assise
  • Améliorer la dissociation des ceintures
  • Fluidifier le geste
  • Optimiser l’endurance

Une approche globale

La prise en charge tient compte :

  • Du lien entre posture et attention
  • De la respiration
  • De l’impact émotionnel des difficultés motrices

L’objectif est de favoriser l’autonomie, la participation aux activités et la confiance corporelle.

Travail en collaboration

La rééducation peut s’inscrire en complément :

  • D’un suivi orthophonique
  • D’un accompagnement psychomoteur
  • D’un suivi médical spécialisé

La coordination entre professionnels est essentielle.

Pour aller plus loin:

Certains enfants présentant des troubles moteurs peuvent également présenter des difficultés d’écriture ou des troubles oro-fonctionnels.
Découvrir :

  • Rééducation grapho-motrice
  • Rééducation oro-myo-fonctionnelle

📅 Prendre rendez-vous en ligne (cabinet Pas à Pas – Bruz)

Mon enfant tient mal son crayon : faut-il s’inquiéter ?

Beaucoup de parents se demandent si leur enfant tient mal son crayon ou son stylo. La prise peut sembler inhabituelle : crayon très serré, prise avec plusieurs doigts, main crispée ou position étrange.

Dans la majorité des cas, ces variations sont normales. La manière dont un enfant tient son crayon est le résultat d’un long développement moteur, qui commence bien avant l’apprentissage de l’écriture.

Ce qui compte réellement n’est pas seulement la forme de la prise, mais l’efficacité du geste d’écriture : l’enfant doit pouvoir écrire de manière lisible, confortable et suffisamment rapide.

Si l’écriture devient très lente, fatigante ou difficile à lire, il peut être utile d’analyser l’organisation du geste. Le rééducateur sera peut amené à effectuer une rééducation grapho-motrice de l’enfant.

La prise du crayon se développe progressivement

Contrairement à une idée reçue, un enfant n’apprend pas directement à tenir un crayon “correctement”. La prise du crayon se construit progressivement à partir des expériences motrices de l’enfant.

Avant l’écriture, l’enfant développe :

  • la manipulation des objets

  • la coordination des doigts

  • la précision du geste

  • la coordination œil-main

Ces expériences participent au développement de la motricité fine et du graphisme de l’enfant

Les différentes prises du crayon chez l’enfant

La manière de tenir un crayon évolue au cours du développement.

La prise globale

Chez le jeune enfant, le crayon est souvent tenu dans toute la main. Les mouvements viennent surtout du bras et de l’épaule.

La prise avec plusieurs doigts

Avec le développement de la motricité fine, l’enfant commence à utiliser davantage ses doigts pour guider le crayon. Certains enfants utilisent alors quatre doigts ou adoptent des prises intermédiaires.

Ces prises peuvent rester fonctionnelles si l’écriture est efficace.

La prise tridigitale

Vers l’entrée à l’école primaire, beaucoup d’enfants adoptent progressivement une prise appelée prise tripode : le crayon est tenu entre le pouce, l’index et le majeur.

Cette prise permet généralement des mouvements plus fins des doigts et facilite la fluidité de l’écriture.

Cependant, plusieurs études montrent que différentes prises peuvent produire une écriture lisible et fonctionnelle.

L’écriture ne dépend pas seulement de la main

On imagine souvent que tenir correctement un crayon dépend uniquement des doigts.

En réalité, l’écriture est un geste moteur complexe qui mobilise tout le corps.

Elle dépend notamment :

  • de la stabilité du tronc

  • de la coordination épaule–coude–poignet

  • de la dissociation des doigts

  • de la coordination œil-main

  • de l’organisation spatiale

  • de l’attention

Lorsque la posture est instable ou que la coordination est difficile, la main doit compenser. Le crayon est alors souvent serré plus fort, ce qui peut rendre l’écriture plus fatigante.

Pourquoi certains enfants tiennent mal leur crayon ?

Plusieurs facteurs peuvent expliquer une mauvaise prise du crayon chez l’enfant.

Un développement moteur encore immature

Certains enfants ont simplement besoin de plus de temps pour développer la coordination nécessaire à l’écriture.

Le geste d’écriture s’appuie sur les bases posturales et du développement moteur de l’enfant.

Une posture peu stable

Une posture instable à la table peut rendre l’écriture plus difficile. L’enfant compense alors en serrant davantage le crayon.

Une automatisation du geste encore incomplète

Au début des apprentissages, l’enfant doit réfléchir à chaque mouvement de sa main. Le geste d’écriture n’est pas encore automatisé.

Cela peut expliquer une prise de crayon inhabituelle ou une écriture très lente.

La notion de double tâche dans l’écriture

Écrire demande de gérer plusieurs actions en même temps.

Lors d’une dictée, l’enfant doit :

  • écouter la phrase

  • la mémoriser

  • réfléchir à l’orthographe

  • écrire

Si le geste d’écriture demande beaucoup d’efforts, le cerveau doit se concentrer sur la main. Il reste alors moins de ressources pour le contenu.

C’est ce que l’on appelle la double tâche.

L’enfant peut alors :

  • écrire lentement mais lisiblement
    ou

  • écrire vite mais avec une écriture difficile à lire.

➡️ Lire aussi : Mon enfant écrit mal, lentement et fait des fautes en dictée

Quand faut-il s’inquiéter ?

Il peut être utile de faire le point si :

  • l’enfant tient son crayon de manière très crispée

  • l’écriture reste très lente

  • la main se fatigue rapidement

  • l’enfant se plaint de douleurs

  • l’écriture gêne les apprentissages scolaires

Dans ces situations, une évaluation permet d’analyser :

  • la posture

  • la coordination du geste

  • la tenue du crayon

  • l’endurance à l’écriture

➡️ Découvrir la rééducation grapho-motrice

En résumé

La prise du crayon est le résultat d’un développement moteur progressif.

Une prise inhabituelle n’est pas forcément un problème. L’important est que l’écriture soit :

  • lisible

  • confortable

  • suffisamment rapide

Lorsque ce n’est pas le cas, un accompagnement peut aider l’enfant à retrouver plus de fluidité et de confiance dans ses apprentissages.

Articles complémentaires:

➡️ Mon enfant écrit mal, lentement et fait des fautes en dictée
➡️ Motricité fine et graphisme chez l’enfant
➡️ Rééducation grapho-motrice : rendre l’écriture fluide et fonctionnelle
➡️ Accompagnement en écriture et soutien scolaire

📅 Prendre rendez-vous en ligne (cabinet Pas à Pas – Bruz)

error: Content is protected !!