De nombreux parents remarquent que leur bébé tourne plus facilement la tête d’un côté, s’installe en “banane” ou utilise davantage un côté de son corps.
Ces préférences posturales sont fréquentes dans les premiers mois et peuvent être accompagnées simplement lorsqu’elles persistent.
L’asymétrie posturale correspond à une préférence positionnelle : un côté du corps est davantage utilisé que l’autre, sans limitation de mobilité articulaire. Contrairement au torticolis musculaire, il ne s’agit pas d’une contracture d’un muscle du cou, mais d’une habitude posturale développée par le bébé.
Ce phénomène est souvent remarqué dès la naissance ou dans les premières semaines de vie. Une prise en charge précoce aide le nourrisson à retrouver une motricité complète, symétrique et physiologique.
Très souvent, ce sont les parents qui remarquent les premiers signes, parfois dès 1 à 3 mois : préférence de tête, bébé “en banane”, aplatissement qui débute, difficulté à téter d’un côté.
Une consultation précoce permet de faire le point et d’agir en douceur si nécessaire.
Sommaire
Causes principales
L’asymétrie posturale peut être liée à plusieurs facteurs :
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Intra-utérines : pendant la grossesse, si le bébé a eu une mobilité restreinte (position, quantité de liquide amniotique, repos prolongé de la mère…), il peut avoir favorisé un côté par habitude.
Cette situation est également fréquente chez les bébés nés prématurément, dont la posture et le tonus peuvent nécessiter un accompagnement progressif.
Pour en savoir plus: 🔗 bébés nés prématurément -
Facteurs liés à la succion : un frein de langue court ou des troubles de la succion dès la vie fœtale favorisent des compensations posturales.
Pour en savoir: 🔗Les troubles de la succion du nourrisson -
Péri-natales : accouchement long ou difficile, matériel néonatal contraignant, cordon autour du cou… peuvent générer ou renforcer un asymétrie.
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Postnatales : une trop grande utilisation de matériels qui limitent les mouvements (cosy, transat, cocoonababy, domoo, etc.) favorise le maintien de cette préférence posturale.
Conséquences
Sans prise en charge, l’asymétrie posturale peut s’installer durablement et avoir plusieurs effets :
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Le bébé explore moins un côté, ce qui peut affecter le développement moteur global (marche, course) et la motricité fine.
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Elle peut favoriser l’apparition d’une déformation crânienne (plagiocéphalie), où le crâne s’aplatit d’un côté, ce qui est souvent long à récupérer.
Si vous observez un aplatissement qui commence, vous pouvez aussi consulter la page : 🔗Tête plate / plagiocéphalie : quand consulter ?
Signes d’alerte
Une préférence peut exister par moments, mais si elle est marquée et persistante, il est utile de faire le point.
Les signes qui peuvent faire suspecter une asymétrie posturale sont :
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Bébé tourne souvent la tête d’un seul côté, ou vers un côté plus facilement qu’un autre.
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Rotation plus limitée d’un côté que de l’autre.
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Difficulté à téter de façon équilibrée : prise de sein plus difficile ou douloureuse d’un côté, incapacité d’alterner les côtés au biberon.
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Postures fréquentes en « virgule », « banane » ou hyper-extension.
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Une tonsure asymétrique (perte de cheveux irrégulière à l’arrière du crâne).
Certains bébés présentant une asymétrie posturale peuvent également sembler plus tendus, inconfortables ou pleurer davantage.
Pour en savoir plus: 🔗bébé tendu, inconfortable, pleure…
Attendre ou consulter?
Il est normal de se demander si l’on doit attendre ou consulter.
Vous pouvez demander un avis si :
– la préférence de tête est très marquée et dure depuis plusieurs jours/semaines
– vous sentez que votre bébé est plus raide d’un côté
– l’aplatissement du crâne apparaît ou progresse
– l’installation au sein/biberon est plus difficile d’un côté
Consulter tôt ne veut pas dire que c’est grave : cela permet surtout de comprendre l’organisation du bébé et de repartir avec des conseils simples.
Comment aider mon bébé ?
Observation et environnement
Quelques conseils pratiques à adopter dès les premiers signes :
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Observer attentivement les préférences posturales de l’enfant.
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Alterner les côtés lors de la prise au biberon.
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Respecter l’enroulement physiologique du nourrisson.
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Limiter l’usage des matériels qui restreignent les mouvements spontanés.
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Proposer des temps de motricité accompagnée sur un tapis, en position latérale et ventrale lors des phases d’éveil.
Des recommandations de la Haute Autorité de Santé sont disponibles pour prévenir les déformations crâniennes positionnelles.
Rôle du kinésithérapeute
Lors de la consultation, le kinésithérapeute pédiatrique :
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Évalue l’histoire et la motricité du nourrisson (grossesse, naissance).
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Identifie les causes possibles de l’asymétrie.
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Donne des conseils personnalisés pour améliorer l’environnement et les postures quotidiennes.
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Met en place une rééducation adaptée pour rétablir progressivement une symétrie motrice spontanée et confortable.
La durée de la prise en charge est variable selon l’enfant, allant de quelques semaines à plusieurs mois, avec une efficacité meilleure quand elle est précoce.
Vous pouvez aussi découvrir comment se déroule l’accompagnement au cabinet pour les troubles du développement moteur du nourrisson. Retard et troubles du développement moteur
Pour aller plus loin:
Voir les autres articles sur le sujet: Favoriser l’éveil de Bébé à plat ventre: pourquoi et comment?
Une prise en charge précoce, dans les premières semaines ou les premiers mois de vie, permet souvent d’aider le bébé à retrouver une motricité plus symétrique et confortable.

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