Dans les premiers mois, certains bébés peuvent sembler moins à l’aise dans leurs mouvements, moins actifs ou évoluer plus lentement.
Cela ne signifie pas forcément qu’il y a un problème, mais cela peut parfois mériter d’être observé.
Le développement moteur d’un bébé correspond à l’acquisition progressive des capacités de mouvement, essentielles pour interagir avec le monde. Chaque enfant évolue à son propre rythme, mais lorsqu’un décalage important apparaît par rapport aux étapes attendues, il peut être utile de comprendre, repérer les signaux d’alerte et agir rapidement.
Vous pouvez consulter un repère des acquisitions mois par mois pour mieux situer votre bébé: 🔗Lien vers l’article
🔎 Qu’est-ce que le développement moteur ?
Le développement moteur regroupe toutes les compétences physiques qu’un enfant acquiert de la naissance à la petite enfance, par exemple :
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tenir sa tête et le haut du corps,
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se retourner,
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s’asseoir sans aide,
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ramper ou se déplacer,
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marcher,
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attraper et manipuler des objets.
Ces étapes reposent sur la maturation du système nerveux central, la coordination, la force musculaire et l’interaction avec l’environnement.
⚠️ Signes d’un retard de développement moteur
Un retard moteur est suspecté lorsque plusieurs jalons moteurs ne sont pas franchis dans des plages d’âge considérées comme typiques. Par exemple :
- bébé a des difficultés à tenir la tête autour de 3–4 mois,
- bébé a un développement moteur lent avec des phases de stagnation,
- bébé ne se retourne pas à 6 mois,
- bébé ne tient pas assis à 9 mois,
- bébé ne rampe pas et ne se déplace pas en 4 pattes vers 10–12 mois,
- bébé ne marche pas après 18 mois.
Bien noter : une variabilité existe d’un enfant à l’autre. Un léger retard ne signifie pas nécessairement un problème grave, mais plusieurs signes combinés méritent une évaluation.
🔗Repères: développement moteur mois par mois
Et si mon bébé préfère toujours le même côté ?
Chez le nourrisson, il est fréquent que les parents remarquent que leur bébé tourne plus souvent la tête d’un côté, regarde davantage dans une direction ou utilise plus un bras ou une jambe. Cette situation est souvent observée chez les nourrissons dans les premières semaines de vie, en particulier avec une préférence d’un coté pour tourner la tête.
Cependant, avant l’âge d’un an, un bébé ne devrait pas présenter de préférence marquée et constante pour un côté. Le développement moteur se construit normalement de façon symétrique et progressive, avec des mouvements variés et alternés.
Une préférence persistante peut parfois être le signe :
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d’une asymétrie posturale
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de tensions corporelles
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d’un inconfort qui limite les mouvements d’un côté
🔗En savoir plus sur les bébés tendus et inconfortables -
ou d’un début de retard dans certaines acquisitions motrices
Ces situations sont relativement fréquentes chez le nourrisson et peuvent être accompagnées précocement, en douceur.
Si vous avez l’impression que votre bébé :
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tourne toujours la tête du même côté
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utilise davantage un bras ou une jambe
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se positionne souvent de façon asymétrique
-
ou présente une zone d’appui préférentielle
il peut être utile de s’y intéresser tôt.
👉 Pour mieux comprendre ces situations, vous pouvez consulter la page dédiée :
asymétrie posturale du nourrisson.
Une prise en charge précoce permet souvent de rééquilibrer les appuis, favoriser des mouvements variés et soutenir le développement moteur global du bébé.
🧠 Causes possibles d’un retard moteur
Plusieurs facteurs peuvent influencer le rythme du développement moteur :
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Prématurité – les bébés nés avant terme peuvent atteindre les étapes plus tard.
🔗 En savoir plus sur les bébés nés prématurément -
Troubles neurologiques – certaines altérations du système nerveux central peuvent ralentir les acquisitions.
- Facteurs orthopédiques ou musculaires – faiblesse musculaire, asymétries posturales, torticolis ou plagiocéphalie.
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Environnement moteur limitatif – peu de temps au sol, environnement restreint ou surutilisation d’équipements contraignants (transat, cosy, parc). Laisser le bébé bouger librement au sol joue un rôle essentiel dans ses acquisitions.
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Causes génétiques ou syndromiques – certaines conditions rares peuvent être associées à un retard moteur.
Chez certains nourrissons, des difficultés d’alimentation ou de succion peuvent aussi limiter l’exploration motrice.
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🧩 Comment évaluer si mon bébé a un retard moteur ?
Un professionnel de santé doit procéder à une évaluation globale incluant :
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l’historique médical et périnatal,
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l’observation des mouvements spontanés,
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l’examen de la posture, du tonus musculaire et de la coordination.
Cette évaluation permet de définir si le retard est isolé ou associé à d’autres domaines (communication, cognition).
🩺 Que faire en cas de retard ou de doute ?
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Consulter un médecin ou un pédiatre
Un professionnel évaluera les acquisitions et orientera vers des spécialistes si nécessaire. -
Faire appel à un kinésithérapeute pédiatrique
La kinésithérapie spécialisée aide à faire le bilan des acquisitions présentes, stimuler la motricité globale et fine, renforcer les muscles, améliorer l’équilibre et optimiser la posture. Un kiné pédiatrique adapte les exercices à l’âge et aux besoins du bébé. -
Stimuler le bébé à la maison
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proposer des jeux au sol et encourager des positions variées (dos, côté, ventre),
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favoriser le “tummy time” (sur le ventre) pour renforcer le tronc,
🔗En savoir plus sur l’accompagnement du bébé à plat ventre -
limiter le temps dans des équipements qui restreignent le mouvement.
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📌 Pourquoi agir tôt ?
Les premières années sont une période de plasticité cérébrale élevée. Une intervention précoce permet souvent d’améliorer significativement les compétences motrices et d’éviter des retards persistants ou secondaires.
Résumé
Le retard de développement moteur chez le bébé se manifeste par un décalage significatif dans les acquisitions motrices attendues, comme tenir la tête, se retourner, s’asseoir ou marcher. Plusieurs causes possibles existent, de la prématurité à des troubles neurologiques ou à un environnement moteur peu stimulant.
Repérer tôt les signes d’alerte et consulter un professionnel (pédiatre et kinésithérapeute pédiatrique) permettent d’agir via une stimulation adaptée et des exercices ciblés. Une prise en charge précoce et personnalisée optimise les chances de progression vers les jalons moteurs de l’enfant.
Parfois, en aidant le bébé à retrouver plus de confort, de symétrie et de liberté de mouvement, le développement se remet en place naturellement.
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