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L’hyper-extension chez le bébé : comprendre pour mieux accompagner
Pendant la grossesse, le bébé évolue dans un milieu aqueux, sans contrainte de gravité. Il peut mobiliser librement l’ensemble de son corps : muscles extenseurs (postérieurs), muscles fléchisseurs (antérieurs), ainsi que des mouvements de rotation autour de l’axe du corps.
Cependant, sa position de repos reste la position fœtale, dite en enroulement.
À la naissance, l’environnement change radicalement. Le corps du bébé est désormais soumis à la gravité : il doit apprendre à se mouvoir dans ce nouveau milieu. Sa musculature est encore immature et sa colonne vertébrale conserve une forme en C, correspondant à l’enroulement fœtal.
Entre 0 et 3 mois, le nourrisson explore en priorité les mouvements de ses muscles fléchisseurs. Il cherche à se regrouper sur lui-même. L’extension est bien présente, mais essentiellement sous forme de mouvements involontaires ou réflexes.
Par exemple, lorsqu’il est en colère, effrayé ou que l’un de ses besoins n’est pas satisfait, le bébé peut se « jeter » en arrière. Cette réponse en extension est normale à condition qu’elle reste transitoire et non permanente.
Vers 4–5 mois, le bébé commence à explorer l’extension de façon de plus en plus consciente.
Après avoir expérimenté séparément la flexion et l’extension, il devient progressivement capable d’associer les deux, en dosant leurs efforts respectifs. Cette coordination lui permet de mieux maîtriser le tonus de son dos et prépare l’acquisition de la station assise.
Quand l’extension devient excessive
Un bébé qui :
-
se jette en arrière très fréquemment,
-
adopte l’extension comme « position de référence »,
-
dort en position d’extension, en C inversé ou en forme de virgule,
présente un signe de mal-être. On parle alors d’hyper-extension.
Les causes possibles de l’hyper-extension
Les origines de l’hyper-extension sont multiples et peuvent se combiner :
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reflux gastro-œsophagien (RGO),
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tensions musculaires et/ou articulaires (liées à la position intra-utérine ou à un accouchement long ou difficile),
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douleurs,
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sentiment d’insécurité,
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prématurité,
-
etc.
Un bilan détaillé permet d’identifier la ou les causes, de les traiter, mais aussi de prendre en charge les conséquences associées, qui peuvent être elles aussi variées :
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troubles de la succion et difficultés alimentaires,
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sommeil perturbé, pleurs, agitation,
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asymétrie posturale,
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déformations crâniennes (plagiocéphalie, brachycéphalie…).
Restaurer l’enroulement au quotidien
Une fois la cause identifiée et traitée, il est essentiel de réintroduire une posture en enroulement dans le quotidien du bébé (portage, installations, positions de repos…).
Cette étape est fondamentale pour permettre aux schémas corporels de base, jusque-là perturbés, de se reconstruire sur un socle stable et physiologique, garantissant ainsi un développement moteur harmonieux et durable de l’enfant.

2 réflexions au sujet de « Mon bébé est en hyper extension, que faire? »
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