Les troubles de l’oralité alimentaire chez l’enfant sont encore peu connus, mais ils concernent de nombreux bébés et jeunes enfants. Ils peuvent rendre les repas difficiles, stressants et parfois source d’inquiétude pour les parents.
Contrairement à une simple phase de refus, ces difficultés traduisent souvent un inconfort réel face à l’alimentation.
Qu’est-ce qu’un trouble de l’oralité alimentaire ?
L’oralité regroupe toutes les fonctions liées à la bouche : s’alimenter, respirer, communiquer et explorer le monde.
On parle de trouble de l’oralité alimentaire (ou dysoralité) lorsque l’enfant présente des difficultés durables à manger, liées à la succion, la déglutition, la mastication ou aux sensations en bouche.
Pour certains enfants, manger n’est plus un moment naturel et agréable, mais devient source de tension, d’évitement ou d’angoisse.
Ces troubles peuvent toucher :
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la quantité d’aliments ingérés
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la variété des aliments
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les textures acceptées
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le plaisir de manger
Néophobie ou trouble de l’oralité : ne pas confondre
La néophobie alimentaire est une étape normale du développement, souvent entre 18 mois et 3 ans. L’enfant se méfie des aliments nouveaux, mais continue globalement à manger.
Dans un trouble de l’oralité, il ne s’agit pas d’une simple méfiance.
L’enfant ressent un inconfort réel face aux sensations :
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textures
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odeurs
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goût
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vue des aliments
Le repas peut alors devenir un moment pénible plutôt qu’un moment de plaisir.
Les signes chez le nourrisson (oralité primaire)
Certains signaux peuvent apparaître dès les premiers mois :
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difficulté à prendre le sein ou le biberon
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succion inefficace
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tétées très longues
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fatigue rapide pendant l’alimentation
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reflux gastro-œsophagien
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toux ou fausses routes
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fuites de lait
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petites quantités bues mais très fréquentes
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absence de sensation de faim
Ces difficultés peuvent indiquer un trouble de la succion du nourrisson ou une difficulté de déglutition.
Les signes chez le bébé et l’enfant (oralité secondaire)
Lorsque la diversification commence, certains comportements peuvent alerter :
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refus des morceaux ou de certaines textures
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hyper-sélectivité alimentaire
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repas très longs
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petit appétit
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absence de faim
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réflexe nauséeux marqué
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refus de la cuillère
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avale sans mastiquer
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agitation, pleurs, colère pendant les repas
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refus de toucher les aliments
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alimentation limitée à une seule catégorie
Ces signes sont des indicateurs possibles, mais ne suffisent pas à poser un diagnostic.
Pourquoi certains enfants développent-ils un trouble de l’oralité ?
Plusieurs causes peuvent être impliquées, souvent combinées :
Causes sensorielles
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hypersensibilité aux textures ou aux odeurs
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sensations en bouche perçues comme désagréables
Causes médicales
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allergies alimentaires
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pathologies digestives ou respiratoires, notamment en cas de respiration buccale persistante
Causes mécaniques ou fonctionnelles
- une trouble de la succion
- une difficulté de mastication
- une limitation de mobilité de la langue liée à un frein restrictif buccal
Facteurs de risque connus
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hospitalisations précoces
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alimentation par sonde
Ces situations peuvent perturber l’exploration orale et l’apprentissage du plaisir alimentaire.
Une prise en charge globale et personnalisée
La rééducation de l’oralité alimentaire ne se limite pas à « faire manger ».
Elle implique l’ensemble du corps et des sens.
Un bilan complet permet de rechercher : une cause mécanique (frein, mâchoire, déglutition) pouvant nécessiter une rééducation maxillo-faciale et linguale, un trouble sensoriel, une difficulté motrice orale ou encore un trouble des réflexes
La prise en charge vise à :
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sécuriser l’enfant pendant les repas
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améliorer la succion, la mastication et la déglutition
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diminuer les hypersensibilités
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redonner confiance et plaisir autour de l’alimentation
Le travail se fait progressivement, dans le respect du rythme de l’enfant.
Quand consulter ?
Il est conseillé de demander un avis si :
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les repas sont source de stress au quotidien
-
l’enfant mange très peu ou très peu varié
-
il refuse certaines textures
-
il ne progresse pas dans l’alimentation
-
la diversification est très compliquée
-
le nourrisson a des difficultés importantes à téter ou à avaler
Une prise en charge précoce permet souvent d’éviter l’installation durable des difficultés.
Celles-ci peuvent s’inscrire dans une organisation oro-fonctionnelle globale du nourrisson.
➡️ Découvrir la rééducation oro-fonctionnelle du nourrisson.
Accompagnement en kinésithérapie pédiatrique à Bruz
L’accompagnement s’adresse aux :
-
nourrissons présentant des troubles de succion ou de déglutition
-
bébés en difficulté lors de la diversification
-
enfants avec hypersélectivité alimentaire
-
enfants ayant des troubles oro-myofonctionnels
L’objectif est de soutenir le développement oral, sensoriel et moteur, tout en accompagnant les parents dans le quotidien.
Je reçois régulièrement au cabinet à Bruz des bébés/enfants présentant des troubles de l’oralité alimentaire.
Plus la prise en charge démarre tôt, plus l’accompagnement est rapide.
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